Faire équipe avec l’ego

L’ego est souvent source de malentendu autant par rapport à ce qu’il est que par rapport à ce que nous devons en faire.

La société occidentale tend à le développer et à la privilégier alors que les sociétés orientales (et le développement personnel) incite à se détacher de l’ego voire à le faire taire.

Qu’est-ce que c’est ?

L’ego, c’est la représentation que l’on a de soi-même. Je suis petite, thérapeute, j’ai 2 enfants, je suis douce, bienveillante, à l’écoute mais il ne faut pas me marcher sur les pieds. Voilà un mini portrait que je pourrais faire en écoutant l’ego.

C’est tel qu’on se voit, tel qu’on se décrit mais évidemment, je ne suis pas que ce que je viens de décrire, c’est juste une petite partie de moi mais ce n’est pas moi !

A quoi ça sert ?

L’ego sert à s’adapter, à se différencier des autres, à reconnaître, à classifier. Mais surtout l’ego est là pour nous protéger, c’est notre gardien. Il nous connaît et sait ce qui nous met dans l’inconfort ou dans la peur alors il nous empêche d’aller faire des expériences qui pourraient nous bousculer.

L’ego peut très sérieusement entraver notre vie et nos choix car il nous incite à rester dans le connu et le confortable.

Ça veut dire que si on a envie d’aller dormir à la belle étoile pour voir comment c’est, l’ego nous dira que ce n’est pas une bonne idée, qu’on va mal dormir, qu’il y a des bêtes qui traînent la nuit, etc, pour nous dissuader.

C’est plus embêtant quand il nous maintient dans un travail ou une situation qui ne nous convient pas. Et là ça concerne tout le monde !

Si je prends l’exemple du travail, il est évident que quiconque en a marre et rêve de tout changer, entend une petite voix (ainsi que la voix de ses proches !!!) lui dire « mais enfin, ce n’est pas possible, tu te rends compte, et tu vas vivre comment ? »

Il y a aussi « on en vit pas de ses passions, on ne peut pas vivre de la musique, et ta retraite !… »

Mais combien de vies gâchées justement parce que la voix de l’ego a été écoutée au lieu de la voix du désir.

Il faut prendre conscience que l’ego nous garde en sécurité en nous amenant des pensées de peurs mais cela nous apporte des tonnes de frustrations refoulées.

Alors que l’autre voix, c’est l’inconnu, c’est l’inconfort mais c’est le plaisir, la réalisation de soi et de ses rêves et ça n’a pas de prix !

Alors on fait quoi ?

L’ego ne doit pas être supprimé comme on l’entend parfois ! C’est notre garde-fou, notre protecteur, nous devons donc faire équipe avec lui !

  • la 1ere chose à faire est de réussir à voir la différence entre les désirs et l’ego. Il est nécessaire de s’observer et de s’écouter penser pour cela. On peut utiliser l’écriture et noter ce dont on a envie et pourquoi on n’y a pas accès. On peut aussi noter ce dont on ne veut plus et dans une autre colonne, pourquoi on n’arrive pas à s’en débarrasser.
  • quand on se sent bloqué ou quand des peurs arrivent, on peut s’adresser à l’ego en lui disant « écoute, je te remercie de prendre soin de moi, mais là, sur ce projet, j’aimerais que tu me laisses faire, j’ai envie d’essayer et je suis grande !  » Il est absolument nécessaire d’oser changer de comportement, d’oser aussi faire ce qui fait peur.

Les peurs viendront pointer le bout de leur nez, encore et encore parce que ça fait peur de devenir soi, vraiment soi et de devenir autonome et de se faire plaisir. L’ego va paniquer, c’est sûr et va vous inciter à faire marche arrière ou à tout abandonner. Vous pourrez vous auto-saboter même. Mais quand on arrive à gagner en confiance, à savoir ce qu’on désire vraiment et à suivre ses désirs, on peut l’observer à distance, on est capable de l’écouter sans pour autant se faire embobiner à chaque fois comme avant. On le reconnaît et on joue à cache cache en quelque sorte.

Parce que si l’ego fait partie de moi, ce n’est pas moi.

Pour aller plus loin : Le jour où je me suis aimé pour de vrai – Serge Marquis